Le Greenpod c’est quoi ?

Le Greenpod, c’est le premier « pot connecté » conçu pour aider les citoyens à mettre leur ville au vert. Il est construit en deux parties : un réservoir autonome doté d’un système de drainage et un espace supérieur pour accueillir la plante et un peu de terre.

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Vous avez dit autonome ? Grâce au boîtier Zigbee présent dans le Greenpod, votre pot est en mesure d’évaluer les besoins en eau de la plante : via des fréquences radio à consommation d’énergie basse, le Greenpod peut ainsi communiquer avec les Green Cityzen de sa rue ! Ajoutez à cela l’ingénieux système NFC (les « tags » ou étiquettes électroniques qui ont fleuri un peu partout autour de nous), et vous pouvez ainsi récolter des informations pratiques, ou même lancer une action de manière automatique via votre smartphone !
Alors vous me direz, il faut encore se lever pour aller arroser notre plante. Du coup, à MJDMR, on s’est dit qu’on allait vous donner les plans du Greenpod : à vous de l’améliorer ! C’est aussi ça, Mon jardin dans ma rue : s’approprier l’espace public par le végétal, c’est s’approprier les moyens d’agir sur nos villes. Si vous avez un Fab Lab près de chez vous, ou simplement une scie à bois et l’envie de bricoler, vous pourrez construire vos Greenpods. On espère que ça vous donnera des idées, et on vous invite fortement à venir donner ici vos améliorations, critiques, retours d’expérience pour que ça marche encore mieux.
Pour ceux que ça intéresse, laissez un commentaire et nous vous ferons parvenir le fichier prêt à la découpe.
Do It Yourself !

Des rôles sociaux et environnementaux de la végétalisation urbaine

Etat des lieux des pratiques urbaines du végétal et de leurs rôles sociaux et environnementaux.
Le thème de la réinsertion du végétal dans l’urbain croise en fait de nombreuses problématiques, à la fois écologiques et sociales. C’est une évolution pas seulement souhaitable mais nécessaire. Par exemple, l’étalement urbain croît avec l’augmentation de la population. Il en résulte une concurrence avec les espaces agricoles et naturels qui eux aussi, sont limités. Par ailleurs, cet étalement urbain, en favorisant le phénomène de ruissellement et la concentration des eaux pluviales, donne lieu à toujours plus d’inondations. En outre le réchauffement climatique a notamment pour corollaire l’augmentation de l’intensité des aléas, notamment des fortes pluies. Par ailleurs, la densité urbaine prônée en France par les politiques de la ville afin de limiter l’étalement urbain est aussi une cause d’accentuation des dégâts d’inondations, et des ilots de chaleur urbains (ICU). Ce phénomène se traduit par une augmentation d’environ 5°C dans les zones bâties denses, par rapport à la périphérie de la ville. Ces ICU commencent notamment à poser de sérieux problèmes l’été dans les villes méditerranéennes.
L’insertion du végétal dans les villes, selon la manière dont elle est faite, sa quantité, et les propriétés des espèces choisies, permet dans une certaine mesure d’apporter des réponses à plusieurs de ces problématiques. Mais plus que d’apaiser certains problèmes, il couvre en fait un champ d’impacts environnementaux et sociaux relativement vaste.
Notamment, pour ses fortes propriétés de captation : captation du CO2 permettant de limiter le réchauffement climatique, captation de divers polluants comme des métaux lourds et des particules fines PM10, captation des eaux de pluie limitant l’écoulement et le cas échéant l’inondation. L’évapotranspiration des végétaux, en dégageant de l’humidité permet de réduire les effets d’ICU. Les arbres provoquent un ombrage qui protège les bâtiments du vent et du rafraichissement. Selon certaines études, la présence des arbres en villes, en régulant la température peut réduire de 25% la consommation d’énergie destinée au chauffage ou à la climatisation des bâtiments.
En outre, la présence des végétaux en ville favorise la biodiversité et par extension tous les services écosystémiques rendus par celle-ci. Notamment, les abeilles décimées par les intrants chimiques du monde rural agricole peuvent partiellement trouver refuge dans les villes fleuries, y produire du miel et assurer leur rôle de pollinisation vital à l’espèce humaine.
Moins célèbres car moins étudiés mais tout aussi importants, les rôles sociaux de la végétalisation sont considérables en termes relationnels, esthétiques, psychologiques, sanitaires et mêmes économiques.
D’abord, le succès des Community Gardens aux Etats Unis puis des jardins partagés urbains en France depuis les années 1990 traduit l’intensité du désir social de jardiner ensemble dans les villes. Il est avéré que ces initiatives citoyennes créent du lien et des solidarités entre voisins. D’ailleurs le succès de leur rôle social et psychologique est tel qu’on a inventé les jardins d’insertion en zone périurbaine pour favoriser l’intégration de personnes en situation d’exclusion, de difficulté sociale ou en réadaptation professionnelle.
Entre autres choses, les rôles d’ordre esthétique des végétaux en ville ne doivent pas être sous-estimés. Les murs végétalisés rallongent visuellement l’espace. Le bruissement du vent sur les feuilles créé un son apaisant et qui couvre les autres bruits de la ville comme c’est le cas à dessein des bambous de la Tower Flower d’Edouard François. Les végétaux sont utilisés autour des autoroutes afin de couvrir le bruit des automobiles. Des grandes haies peuvent isoler la chaussée des habitations, or elles ne couvrent pas techniquement le bruit des voitures mais en y ajoutant le bruissement des feuilles au vent et la barrière visuelle, la sensation de distance avec la route est réelle et efficace.
On doit également citer les études toujours plus nombreuses sur le sujet des bienfaits psychologiques et physiques globaux de la présence végétale en ville sur les citadins. Qu’il s’agisse d’études épidémiologiques sur la contraction de maladies, sur la longévité, ou encore sur le stress, toutes concordent sur les bénéfices des jardins urbains pour la santé humaine.
Enfin, dans le cas les végétaux vivriers, on doit évidemment évoquer l’aspect économique qui est d’ailleurs l’une des causes premières des initiatives de jardins partagés. Plus que simple processus de pousse et d’accompagnement de la plante, il s’agit là d’une production commune de biens matériels comestibles qui sera éventuellement partagée et/ou célébrée par la consommation collective et conviviale des fruits de ce travail, renforçant les bienfaits relationnels et économiques de la végétalisation.
En définitive, la végétalisation des villes est un phénomène tellement vaste et transversal qu’on ne saurait énumérer tous ses impacts positifs en prétendant à l’exhaustivité. D’abord, parce que comme souvent en écologie, ces impacts sont interconnectés et on ne peut donc les considérer indépendamment les uns des autres. Ensuite parce que le cadre urbain de cette végétalisation implique des données supplémentaires, notamment sociales, qui augmente la complexité et le champ du phénomène.
Pour conclure sur cette prodigieuse opportunité qui s’offre à la ville contemporaine, si toutefois nous la saisissons intelligemment, actons que les services écosystémiques des végétaux sont démultipliés dans le cadre urbain car ils permettent de répondre à la fois aux problématiques physiques des systèmes urbains aussi bien qu’aux affres sociaux qu’ils génèrent.
Thélème Auzonne

Jardinons au Panier : Marseille fleurit !

Les initiatives citoyennes de végétalisation se multiplie dans les villes françaises. Dominique Jouan du collectif Jardinons au Panier à Marseille a répondu à nos questions sur la genèse de leur projet.
Comment est née l’idée Jardinons au Panier ?
Cette idée a germé dans plusieurs esprits, une première réunion pour décider le nom et l’adresse mail du collectif ; au départ nous étions 3, puis 10 et tous mobilisés par un engouement certain a tisser des liens.
Comment vous avez motivé et stimulé les habitants?
La première année, ce fut difficile de convaincre de l’intérêt de verdir ce vieux quartier très minéralisé. La mode est au béton et au bitume, comme vous le savez !
Quels sont les problèmes que vous avez rencontré ? Quelles sont les limites d’une telle initiative ?
Justement, les limites se situent dans l’engagement et les efforts au niveau du bénévolat. Car comme pour toute action, il y a du temps de préparation, des charges à porter (terre, contenants).
Comment vous avez géré les relations avec la mairie, la voirie, etc ? Avez-vous rédigé une charte ?
Pas de charte pour l’instant, nous souhaitons rester un collectif d’habitants conscients et libres de tout engagement, mais néanmoins notre action a intéressé la presse, et nous avons été accompagnés par une conseillère du patrimoine de notre mairie. Et puis le relationnel des membres de notre collectif Jardinons au Panier, soit 478 individus jusqu’à présent, a permis de recevoir des dons numéraires, matériels et des végétaux. Et bien sûr nous sommes très ouverts pour une nouvelle idée, une aide…pour ce vaillant collectif !
Avez-vous rencontré des problèmes de vandalisme ?
Oui, oui, oui ! Et il faut recommencer, continuer. Un exemple tout frais, il y a quelques jours, un fou furieux est passé dans notre quartier et notre rue des Cordelles, une vraie tornade humaine : il a tout dévasté sur son passage et à 5h du matin entre voisins nous avons nettoyé la rue avant l’arrivée de notre cantonnier, car il y avait de quoi s’affoler. Personnellement j’ai travaillé de 14h à 18h30 non stop pour sélectionner, replanter, trier les plantes. Cela a changé l’ensemble mais personne ne peut se douter aujourd’hui de ce qu’il s’est passé hier, et c’est bien comme ça. J’arrive à relativiser et mous continuons puisque ces jours-ci une habitante a proposé un lancer de graines matinal dans le quartier.
Quel a été l’impact sur le lien social dans le quartier ?
La rencontre entre voisins, le plaisir de voir les enfants s’investir. Récemment, pour le remaniement, deux filles de 8 ans sont venues pour m’aider.
Quels projets pour l’avenir ?
Notre projet consiste à valoriser les initiatives de végétalisation et à aider ceux qui voudraient porter une initiative de végétalisation de leur rue pour constituer une communauté. En fait nous aimerions développer des jardins partagés « incroyables comestibles ». Mais c’est dur : dans notre quartier il n’y a plus beaucoup d’espaces vierges, sauf un trou béant que nous aurions aimé utiliser. Il est là depuis 2 ans, en attendant qu’il soit comblé par une nouvelle construction. Hélas la Mairie ne nous accompagne pas alors… Il faut persévérer !
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Joachim Muller