Jardinons au Panier : Marseille fleurit !

Les initiatives citoyennes de végétalisation se multiplie dans les villes françaises. Dominique Jouan du collectif Jardinons au Panier à Marseille a répondu à nos questions sur la genèse de leur projet.
Comment est née l’idée Jardinons au Panier ?
Cette idée a germé dans plusieurs esprits, une première réunion pour décider le nom et l’adresse mail du collectif ; au départ nous étions 3, puis 10 et tous mobilisés par un engouement certain a tisser des liens.
Comment vous avez motivé et stimulé les habitants?
La première année, ce fut difficile de convaincre de l’intérêt de verdir ce vieux quartier très minéralisé. La mode est au béton et au bitume, comme vous le savez !
Quels sont les problèmes que vous avez rencontré ? Quelles sont les limites d’une telle initiative ?
Justement, les limites se situent dans l’engagement et les efforts au niveau du bénévolat. Car comme pour toute action, il y a du temps de préparation, des charges à porter (terre, contenants).
Comment vous avez géré les relations avec la mairie, la voirie, etc ? Avez-vous rédigé une charte ?
Pas de charte pour l’instant, nous souhaitons rester un collectif d’habitants conscients et libres de tout engagement, mais néanmoins notre action a intéressé la presse, et nous avons été accompagnés par une conseillère du patrimoine de notre mairie. Et puis le relationnel des membres de notre collectif Jardinons au Panier, soit 478 individus jusqu’à présent, a permis de recevoir des dons numéraires, matériels et des végétaux. Et bien sûr nous sommes très ouverts pour une nouvelle idée, une aide…pour ce vaillant collectif !
Avez-vous rencontré des problèmes de vandalisme ?
Oui, oui, oui ! Et il faut recommencer, continuer. Un exemple tout frais, il y a quelques jours, un fou furieux est passé dans notre quartier et notre rue des Cordelles, une vraie tornade humaine : il a tout dévasté sur son passage et à 5h du matin entre voisins nous avons nettoyé la rue avant l’arrivée de notre cantonnier, car il y avait de quoi s’affoler. Personnellement j’ai travaillé de 14h à 18h30 non stop pour sélectionner, replanter, trier les plantes. Cela a changé l’ensemble mais personne ne peut se douter aujourd’hui de ce qu’il s’est passé hier, et c’est bien comme ça. J’arrive à relativiser et mous continuons puisque ces jours-ci une habitante a proposé un lancer de graines matinal dans le quartier.
Quel a été l’impact sur le lien social dans le quartier ?
La rencontre entre voisins, le plaisir de voir les enfants s’investir. Récemment, pour le remaniement, deux filles de 8 ans sont venues pour m’aider.
Quels projets pour l’avenir ?
Notre projet consiste à valoriser les initiatives de végétalisation et à aider ceux qui voudraient porter une initiative de végétalisation de leur rue pour constituer une communauté. En fait nous aimerions développer des jardins partagés « incroyables comestibles ». Mais c’est dur : dans notre quartier il n’y a plus beaucoup d’espaces vierges, sauf un trou béant que nous aurions aimé utiliser. Il est là depuis 2 ans, en attendant qu’il soit comblé par une nouvelle construction. Hélas la Mairie ne nous accompagne pas alors… Il faut persévérer !
Retrouvez le collectif Jardinons au panier sur Facebook
Joachim Muller

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